Mise à jour : mars 2026 · Alexandre Duval · 8 min de lecture
Ce que vous allez apprendre
- Pourquoi le Pinel a pris fin le 31 décembre 2024 et ce qui reste pour les engagements en cours
- Le dispositif Jeanbrun : fonctionnement, conditions et différences avec le Pinel
- Les alternatives concrètes en 2026 pour défiscaliser via l’immobilier neuf
- Un avis honnête sur l’intérêt réel de ces dispositifs pour l’investisseur particulier
Sommaire

Loi Pinel en 2026 : c’est officiellement terminé
Soyons clairs d’emblée : la loi Pinel et sa version améliorée Pinel+ ont définitivement pris fin le 31 décembre 2024. Aucun nouvel engagement n’est possible depuis cette date. Si vous lisez encore des articles qui vous proposent d’investir en Pinel en 2026, passez votre chemin : c’est soit de la désinformation, soit un vendeur de programmes neufs qui tente de recycler son stock.
Le Pinel aura duré 10 ans (2014-2024) et permis la construction de centaines de milliers de logements locatifs. Mais le bilan est contrasté : les investisseurs les mieux renseignés en ont tiré profit, tandis que beaucoup ont acheté des biens surcotés dans des zones à faible demande, attirés par la promesse de réduction d’impôt sans vérifier la rentabilité intrinsèque du bien.
C’est la leçon principale du Pinel : un avantage fiscal ne compense jamais un mauvais investissement. Cette règle s’applique tout autant aux dispositifs qui lui succèdent.
Attention
Si un promoteur ou un conseiller en gestion de patrimoine vous propose un « Pinel 2026 », c’est une arnaque. Le dispositif n’existe plus. Vérifiez systématiquement sur service-public.fr la liste des dispositifs actifs.
Ce qui reste pour les engagements Pinel en cours
Si vous avez signé un engagement Pinel avant le 31 décembre 2024, vos avantages sont maintenus pour toute la durée de l’engagement (6, 9 ou 12 ans). Vous continuez à bénéficier de la réduction d’impôt aux taux initiaux : 9 %, 12 % ou 14 % pour un Pinel classique, 10,5 %, 15 % ou 17,5 % pour un Pinel+.
Les obligations restent identiques : location à un locataire respectant les plafonds de ressources, à un loyer plafonné selon la zone, pendant toute la durée de l’engagement. Toute rupture d’engagement entraîne la reprise de l’intégralité des réductions d’impôt obtenues.

Le dispositif Jeanbrun : le successeur décrypté
Le dispositif Jeanbrun (officiellement « statut du bailleur privé ») est entré en vigueur le 1er janvier 2026. Contrairement au Pinel qui offrait une réduction d’impôt proportionnelle au prix d’achat, le Jeanbrun propose un amortissement fiscal de 3,5 % par an sur le prix du bien neuf.
Concrètement, pour un bien acheté 200 000 €, vous déduisez 7 000 € par an de vos revenus locatifs pendant toute la durée de l’engagement (9 ans minimum). Combiné avec les charges déductibles et les intérêts d’emprunt, l’impôt sur les loyers est réduit à zéro ou presque les premières années.
Zoom sur le mécanisme Jeanbrun en pratique. Prenons un appartement neuf de 60 m² acheté 220 000 euros en zone B1 (Toulouse, Nantes, Montpellier). Loyer intermédiaire plafonné : environ 650 euros par mois (10 à 15 % sous le marché libre). Amortissement Jeanbrun : 220 000 × 3,5 % = 7 700 euros par an. Revenus locatifs : 7 800 euros/an. Après déduction de l’amortissement, le résultat fiscal est de 100 euros seulement. En ajoutant les intérêts d’emprunt et les charges, le résultat fiscal est négatif : zéro impôt sur les loyers les premières années.
Le problème : le rendement brut de ce bien est de 3,55 % (7 800 / 220 000). C’est en dessous du coût de l’argent (3,3-3,7 % de taux de crédit). Le cash-flow est négatif d’environ 200 à 300 euros par mois. Vous mettez de l’argent de votre poche chaque mois en espérant une valorisation du bien à long terme. C’est la même logique que le Pinel, et c’est ce qui a coûté cher à de nombreux investisseurs.
Comparons avec un bien ancien de même surface dans la même zone : prix d’achat 170 000 euros (frais inclus), loyer de marché 750 euros. Rendement brut : 5,29 %. En LMNP régime réel, l’amortissement couvre également les loyers. Mais le cash-flow est positif ou à l’équilibre. Et vous n’êtes pas contraint par un engagement de 9 ans ni par un plafond de loyer. C’est cette comparaison qui doit guider votre choix.
Le Jeanbrun ne se justifie que dans les zones où l’écart de prix neuf/ancien est inférieur à 15 % ET où la demande en logement intermédiaire est documentée (liste d’attente auprès des bailleurs sociaux). Dans ces configurations, l’avantage fiscal combiné à une valorisation probable du bien peut rendre l’opération intéressante à horizon 15-20 ans.
Les conditions : achat dans le neuf, engagement de location 9 ans minimum, loyer intermédiaire (10 à 15 % en dessous du marché libre selon la zone), locataire sous plafonds de ressources. Le Jeanbrun est cumulable avec le PTZ 2026.
Jeanbrun vs Pinel : les différences clés
Le Pinel offrait une réduction d’impôt sur le revenu (9 à 17,5 %) : vous payiez moins d’impôt même sans revenus locatifs. Le Jeanbrun offre un amortissement : il réduit l’imposition des loyers, pas votre impôt global. Pour en profiter, il faut générer des revenus locatifs. C’est un avantage plus ciblé mais économiquement plus sain. Consultez notre guide complet défiscalisation pour comparer tous les dispositifs.
Les autres alternatives pour investir dans le neuf
Le LMNP dans le neuf. Le statut LMNP au régime réel permet d’amortir un bien neuf meublé sans engagement de durée ni plafond de loyer. C’est souvent plus avantageux que le Jeanbrun car vous louez au prix du marché. Le surcoût du neuf (15-25 % vs ancien) est toutefois un frein pour le rendement.
La nue-propriété sur du neuf. Acheter la nue-propriété d’un bien neuf avec décote de 30 à 40 % et récupérer la pleine propriété après 15 à 20 ans. Pas de loyer, pas de gestion, pas d’impôt, pas d’IFI pendant la période de démembrement. Solution pour les profils fortement imposés à horizon long.
Les SCPI de rendement investies dans le neuf. Certaines SCPI thématiques investissent dans l’immobilier neuf (logistique, santé, résidentiel). Rendement 4-5 % sans gestion, accessible dès 1 000 €. Données actualisées sur le site de l’AMF.

Comparez le rendement neuf vs ancien avec notre guide calcul de rendement et explorez les opportunites en colocation pour maximiser votre rentabilite.
Pour évaluer concrètement si le neuf vaut le coup dans votre cas, comparez avec notre calculateur de rendement. Les tendances de prix 2026 vous donneront le contexte de marché. Et si vous cherchez du rendement immédiat, la colocation ou l’investissement sans apport en ancien offrent des alternatives concrètes.
Mon avis : faut-il encore investir dans le neuf en 2026 ?
Mon avis, après 15 ans dans le financement immobilier : le neuf n’est intéressant que si le prix est raisonnable par rapport à l’ancien du même secteur. Un surcoût de 15-25 % se justifie par les normes énergétiques (RE2020, DPE A-B), l’absence de travaux pendant 10 ans, et les garanties constructeur. Il ne se justifie pas par un avantage fiscal seul.
Le Jeanbrun peut avoir du sens dans les zones où la demande locative intermédiaire est forte (grandes métropoles, villes universitaires) et où le prix du neuf reste contenu. Dans les zones périurbaines à faible tension locative, évitez : le loyer plafonné risque de ne même pas couvrir votre mensualité.
Pour la plupart des investisseurs, l’ancien bien situé avec travaux (déficit foncier ou LMNP) reste le meilleur rapport rendement/risque en 2026. Le neuf est un complément patrimonial, pas une stratégie de rendement. Comparez toujours avec notre simulateur de rendement et consultez les tendances de marché 2026.
Le bilan chiffré du Pinel : 10 ans de recul. Selon les études disponibles, un investisseur Pinel type (2015-2024) a acheté un T2 neuf de 45 m² à 200 000 euros dans une ville de zone B1. Réduction d’impôt sur 9 ans : 24 000 euros (12 %). Loyers perçus : 54 000 euros (500 euros/mois × 9 ans, loyer plafonné). Charges cumulées (taxe foncière, copro, assurance, vacance) : 22 000 euros. Mensualités crédit cumulées : 90 000 euros (sur 20 ans). Après 9 ans, le bien vaut 190 000 euros (légère décote du neuf devenu ancien). L’investisseur a injecté : 90 000 – 54 000 + 22 000 – 24 000 = 34 000 euros de sa poche. Il possède un bien de 190 000 euros avec un capital restant dû de 120 000 euros. Patrimoine net : 70 000 euros pour 34 000 euros investis. Rendement annualisé : environ 8 % sur fonds propres.
Le problème : ce rendement aurait été supérieur en ancien meublé LMNP. Le même budget en ancien à 160 000 euros (prix au m² inférieur de 20 %) aurait généré un loyer de marché de 600 euros (pas de plafond) et un cash-flow positif dès le premier mois. Le rendement annualisé aurait dépassé 12 % sur fonds propres. Le Pinel a enrichi les investisseurs, mais moins que l’ancien bien choisi. La leçon vaut pour le Jeanbrun.
Simulez vos frais de notaire
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Alexandre Duval
Conseiller en investissement immobilier, 15 ans d’expérience. Spécialiste LMNP, défiscalisation et stratégies locatives. Basé à Bordeaux.