Achat revente immobilier : stratégie de marchand de biens

Dans cet article

  • Le marchand de biens achète, rénove et revend avec une marge nette moyenne de 15 à 25 % par opération
  • Le statut juridique le plus courant est la SAS ou SARL à l’IS, offrant une fiscalité optimisée sur les plus-values
  • Les frais de notaire réduits (environ 2 à 3 % au lieu de 7 à 8 %) constituent un avantage concurrentiel majeur
  • Un apport personnel de 20 à 30 % du prix d’acquisition est généralement exigé par les banques
  • La TVA sur marge s’applique si le bien est revendu dans les 5 ans suivant l’achèvement des travaux
  • Une opération type dure entre 6 et 18 mois, de l’achat à la revente finale

Après quinze années passées à analyser des dossiers de financement immobilier côté banque, j’ai vu défiler des centaines de marchands de biens. Certains ont bâti des patrimoines considérables en quelques années ; d’autres ont perdu leur mise sur une seule opération mal calibrée. La différence entre les deux ? Une stratégie rigoureuse, un cadre juridique adapté et une maîtrise chirurgicale des chiffres. L’achat-revente immobilier en tant que marchand de biens n’est pas un pari : c’est un métier qui obéit à des règles précises. Dans ce guide, je vous livre tout ce que j’ai appris des deux côtés du bureau, pour vous permettre de vous lancer avec méthode et lucidité.

Qu’est-ce qu’un marchand de biens immobilier

Le marchand de biens est un professionnel qui achète des biens immobiliers dans l’intention de les revendre avec une plus-value. Contrairement à l’investisseur locatif qui perçoit des loyers sur la durée, le marchand de biens se rémunère sur la marge entre le prix d’achat (augmenté des frais et travaux) et le prix de revente. C’est une activité commerciale à part entière, encadrée par le Code de commerce.

En pratique, l’activité couvre plusieurs types d’opérations :

  • Achat-rénovation-revente : acquérir un bien décôté, le remettre en état, puis le revendre au prix du marché rénové
  • Division : transformer un grand appartement ou une maison en plusieurs lots pour créer de la valeur
  • Changement de destination : convertir un local commercial en logement, ou inversement
  • Achat en bloc et revente à la découpe : acquérir un immeuble entier et revendre lot par lot

Le point commun de toutes ces stratégies : l’objectif est toujours de créer de la valeur entre l’achat et la revente. Contrairement à ce que beaucoup croient, il ne s’agit pas simplement de « flipper » un bien. Une opération de marchand de biens réussie repose sur une analyse fine du marché local, une estimation précise des travaux et une connaissance approfondie de la fiscalité. Si l’immobilier locatif rentable génère des revenus récurrents, l’achat-revente produit des gains ponctuels mais potentiellement bien plus élevés.

Analyser chaque opération avec rigueur avant de s'engager financièrement
Analyser chaque opération avec rigueur avant de s’engager financièrement

Statut juridique et fiscalité du marchand de biens

Le choix du statut juridique conditionne toute votre stratégie fiscale. Voici ce que je recommande après avoir accompagné des dizaines de porteurs de projet.

Les structures adaptées

La grande majorité des marchands de biens exercent en société à l’impôt sur les sociétés (IS). Les formes les plus courantes sont la SAS, la SARL ou la SASU. L’avantage principal : les bénéfices sont imposés au taux de l’IS (15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % au-delà), ce qui est souvent plus avantageux que l’impôt sur le revenu.

L’exercice en nom propre (micro-entreprise ou entreprise individuelle) est fortement déconseillé. D’une part, les plus-values sont alors imposées au barème progressif de l’IR (jusqu’à 45 %). D’autre part, votre patrimoine personnel n’est pas protégé en cas de difficulté.

Critère SAS / SASU à l’IS SARL à l’IS Entreprise individuelle
Imposition des bénéfices IS 15 % puis 25 % IS 15 % puis 25 % IR jusqu’à 45 %
Protection du patrimoine Oui Oui Limitée
Charges sociales du dirigeant Environ 80 % sur salaire Environ 45 % (TNS) Environ 45 %
Souplesse statutaire Très grande Encadrée Aucune
Coût de création 300 à 800 € 300 à 800 € Gratuit
Crédibilité bancaire Élevée Élevée Faible

La fiscalité spécifique

Le marchand de biens bénéficie de droits de mutation réduits (environ 2 à 3 % au lieu de 7 à 8 % pour un particulier), à condition de s’engager à revendre le bien dans un délai de 5 ans. Si ce délai n’est pas respecté, le complément de droits est dû, majoré de pénalités.

Concernant la TVA, deux régimes coexistent. Si vous revendez un bien achevé depuis moins de 5 ans, la TVA s’applique sur le prix total. Pour les biens de plus de 5 ans, c’est la TVA sur marge qui s’applique : vous ne payez la TVA (20 %) que sur la différence entre le prix de revente et le prix d’achat. C’est un levier fiscal considérable que tout marchand de biens doit maîtriser. Pour approfondir les questions de taxe foncière, je vous renvoie à mon guide dédié.

Trouver les bonnes affaires : sourcing et analyse

La réussite d’un marchand de biens repose à 80 % sur l’achat. Si vous achetez trop cher, aucune rénovation ne rattrapera votre erreur. Voici mes canaux de sourcing préférés, classés par ordre d’efficacité.

Les canaux d’acquisition prioritaires

Les ventes aux enchères judiciaires restent l’un des meilleurs viviers. Les biens se négocient souvent 20 à 30 % sous le prix du marché. Renseignez-vous auprès du tribunal judiciaire de votre secteur pour consulter le calendrier des audiences.

Le réseau d’agents immobiliers et de notaires constitue votre deuxième arme. En leur communiquant vos critères précis (type de bien, budget, localisation, potentiel de travaux), vous serez prévenu avant même la mise en vente publique. J’insiste sur ce point : les meilleures affaires se trouvent off-market.

Le démarchage direct auprès de propriétaires de biens vacants ou dégradés peut aussi porter ses fruits. Identifiez les biens visiblement inoccupés, consultez le cadastre pour retrouver le propriétaire, et faites une offre directe. C’est chronophage, mais les marges sont souvent les plus élevées.

Enfin, les plateformes spécialisées (agorastore.fr pour les biens publics, enchères-domaines.gouv.fr pour les biens de l’État) méritent une surveillance régulière. Le crowdfunding immobilier peut aussi constituer une piste complémentaire pour diversifier vos sources de financement.

Analyser une opportunité en 5 minutes

Avant de visiter, je filtre systématiquement chaque annonce avec cette grille rapide :

  • Prix au m² vs marché : le bien doit être au minimum 20 % sous le prix moyen rénové du quartier
  • Nature des travaux : les travaux de second œuvre (peinture, sols, cuisine, salle de bains) sont maîtrisables ; la structure (charpente, fondations) est un risque majeur
  • Urbanisme : vérifier le PLU pour la division ou le changement de destination
  • Liquidité du marché : combien de temps mettent les biens rénovés à se vendre dans ce secteur ?
  • Copropriété : des charges élevées ou un gros ravalement voté peuvent tuer la marge
Un appartement rénové prêt à la revente avec des finitions soignées
Un appartement rénové prêt à la revente avec des finitions soignées

Financer ses opérations d’achat-revente

C’est le sujet que je connais le mieux, pour l’avoir traité des deux côtés du guichet. Le financement d’une opération de marchand de biens diffère radicalement du crédit immobilier classique.

Le crédit professionnel

Les banques exigent généralement un apport de 20 à 30 % du coût total de l’opération (acquisition + travaux + frais). Le prêt est accordé sur une durée courte, typiquement 12 à 24 mois, avec souvent un différé total de remboursement du capital. Vous ne payez que les intérêts pendant la durée de l’opération, et vous remboursez le capital lors de la revente.

Les taux sont plus élevés que pour un crédit immobilier classique : comptez 4 à 6 % en 2026, selon votre profil et votre track record. Pour optimiser votre dossier, je vous recommande d’utiliser un simulateur de prêt immobilier afin de calibrer vos hypothèses financières.

Les alternatives au crédit bancaire

Plusieurs solutions complémentaires existent :

  • Le financement participatif : des plateformes de crowdfunding immobilier financent des opérations de marchands de biens, à des taux de 8 à 12 %, sur 12 à 24 mois
  • Les investisseurs privés : des particuliers peuvent entrer au capital de votre société ou prêter via un compte courant d’associé
  • Le crédit-vendeur : le vendeur accepte un paiement échelonné, ce qui réduit votre besoin de financement initial
  • L’association avec d’autres marchands : mutualiser l’apport sur des opérations de taille importante via une SCI ou une société dédiée

Mon conseil : diversifiez vos sources de financement. Ne dépendez jamais d’un seul partenaire bancaire. Constituez un réseau de trois à quatre banques et deux à trois sources alternatives.

Travaux et valorisation : maximiser la plus-value

Les travaux représentent le cœur de la création de valeur. Mais attention : tous les travaux ne se valent pas en termes de retour sur investissement.

Les travaux à fort effet de levier

Type de travaux Coût moyen au m² Plus-value potentielle Ratio valeur créée / investissement
Rafraîchissement (peinture, sols) 150 à 300 € 500 à 800 € / m² 2,5 à 3x
Rénovation cuisine équipée 5 000 à 12 000 € (pièce) 10 000 à 20 000 € 2x
Rénovation salle de bains 4 000 à 10 000 € (pièce) 8 000 à 15 000 € 1,5 à 2x
Rénovation énergétique (DPE) 300 à 600 € 800 à 1 500 € / m² 2 à 3x
Division d’un lot 500 à 800 € 1 500 à 3 000 € / m² 3 à 4x
Rénovation complète (gros œuvre) 1 000 à 1 800 € 1 200 à 2 000 € / m² 1 à 1,5x

Comme vous le constatez, les travaux cosmétiques et la division offrent les meilleurs ratios. La rénovation énergétique est devenue incontournable depuis l’interdiction progressive de location des passoires thermiques : un bien classé G ou F se négocie avec une forte décote, et le passage en D ou C génère une plus-value significative.

Gérer les travaux efficacement

Trois règles que j’applique systématiquement :

  1. Obtenez toujours trois devis détaillés avant de valider un poste de travaux. Les écarts peuvent aller du simple au triple.
  2. Prévoyez une marge de sécurité de 15 % sur le budget travaux. Les imprévus sont la norme, pas l’exception, surtout dans l’ancien.
  3. Faites intervenir un maître d’œuvre dès que le budget travaux dépasse 50 000 €. Ses 8 à 12 % d’honoraires sont largement compensés par le respect des délais et du budget.

Si vous hésitez entre acheter un bien à rénover ou un bien récent, consultez mon comparatif neuf ou ancien pour affiner votre stratégie.

Calculer précisément la rentabilité avant chaque opération d'achat-revente
Calculer précisément la rentabilité avant chaque opération d’achat-revente

Calculer la rentabilité d’une opération

Voici la méthode que j’utilise pour évaluer chaque opération avant de m’engager. C’est le même cadre que celui que je recommandais à mes clients lorsque j’étais conseiller bancaire.

La formule de marge nette

La marge nette se calcule ainsi :

Marge nette = Prix de revente − (Prix d’achat + Frais de notaire + Travaux + Frais financiers + Charges de portage + Frais de commercialisation + Impôts)

Exemple concret d’une opération type

Prenons un appartement de 60 m² acheté 120 000 € dans une ville moyenne comme Nantes :

Poste Montant Détail
Prix d’achat 120 000 € Bien à rénover, DPE F
Frais de notaire réduits 3 600 € 3 % (marchand de biens)
Travaux de rénovation 36 000 € 600 € / m² (rénovation complète second œuvre + DPE)
Frais financiers (12 mois) 7 200 € 5 % sur 144 000 € empruntés
Charges de portage 2 400 € Taxe foncière, assurance, charges copro
Frais de commercialisation 0 € Vente directe (pas d’agence)
Coût total 169 200 €
Prix de revente estimé 210 000 € 3 500 € / m² (prix marché rénové)
Marge brute 40 800 €
TVA sur marge (20 %) 6 800 € Sur la marge brute si applicable
IS (25 %) 8 500 € Sur le bénéfice imposable
Marge nette après impôts 25 500 € 15 % du prix de revente

Avec un apport de 30 000 € (20 % du coût d’achat), le retour sur capitaux investis atteint 85 % en 12 mois. C’est ce qui rend l’activité si attractive, mais aussi si exigeante : une erreur de 10 % sur le prix de revente peut diviser la marge par deux.

Pour comparer avec d’autres stratégies d’investissement, consultez mon article sur la colocation comme investissement ou la nue-propriété.

Risques et erreurs à éviter

En quinze ans de métier, j’ai identifié les pièges récurrents qui font chuter les marchands de biens débutants. Voici les sept erreurs les plus fréquentes et comment les éviter.

Les erreurs fatales

1. Surestimer le prix de revente. C’est l’erreur numéro un. Ne basez jamais vos projections sur le prix le plus élevé du quartier. Utilisez la médiane des ventes récentes sur les 6 derniers mois via la base DVF (Demandes de Valeurs Foncières), accessible gratuitement.

2. Sous-estimer les travaux. Ajoutez systématiquement 15 à 20 % au devis le plus élevé. L’ancien réserve toujours des surprises : canalisation vétuste, amiante, termites, plomb.

3. Négliger le délai de revente. Chaque mois supplémentaire de portage coûte entre 500 et 1 500 € (intérêts, charges, taxe foncière). Un bien qui met 6 mois de plus que prévu à se vendre peut absorber la moitié de votre marge.

4. Ignorer la réglementation urbanistique. Avant toute division ou changement de destination, consultez le Plan Local d’Urbanisme et déposez une déclaration préalable ou un permis de construire. Les sanctions en cas d’infraction sont lourdes.

5. Se lancer sans trésorerie de sécurité. Gardez toujours l’équivalent de 6 mois de charges de portage en trésorerie. Le marché peut se retourner, un acheteur peut se rétracter, un chantier peut prendre du retard.

6. Négliger l’assurance. Une assurance dommages-ouvrage est obligatoire si vous réalisez des travaux de structure. L’assurance responsabilité civile professionnelle est indispensable pour couvrir les vices cachés.

7. Mélanger patrimoine personnel et professionnel. Exercez toujours en société et tenez une comptabilité irréprochable. La confusion des patrimoines peut entraîner la responsabilité personnelle du dirigeant. Le recours à un expert-comptable spécialisé n’est pas une option, c’est une nécessité.

Les étapes pour lancer son activité

Voici le parcours que je recommande pour démarrer sereinement dans l’achat-revente immobilier en tant que marchand de biens.

Phase 1 : préparation (1 à 3 mois)

  1. Formez-vous : droit immobilier, fiscalité des marchands de biens, techniques d’estimation, gestion de chantier. Aucun diplôme n’est requis, mais la compétence est indispensable.
  2. Constituez votre apport : visez un minimum de 30 000 à 50 000 € pour votre première opération.
  3. Étudiez votre marché local : analysez les prix au m², les délais de vente, les quartiers en devenir. Consultez la base DVF, les annonces immobilières, et rencontrez des agents locaux.
  4. Construisez votre réseau : notaire, avocat en droit immobilier, courtier, artisans, architecte, expert-comptable.

Phase 2 : création de la structure (2 à 4 semaines)

  1. Choisissez votre forme juridique : SAS ou SARL à l’IS dans la majorité des cas.
  2. Rédigez les statuts avec un objet social incluant explicitement l’achat et la revente de biens immobiliers.
  3. Immatriculez votre société au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS).
  4. Ouvrez un compte bancaire professionnel et déposez le capital social (1 € minimum en SAS, mais je recommande au moins 5 000 € pour la crédibilité).
  5. Souscrivez les assurances : RC Pro, garantie des vices cachés, et dommages-ouvrage si nécessaire.

Phase 3 : première opération

  1. Sourcez et analysez au minimum 20 à 30 biens avant de faire une offre. Soyez sélectif.
  2. Montez votre dossier de financement avec un business plan détaillé : prix d’achat, budget travaux, prix de revente estimé, planning, marge prévisionnelle.
  3. Signez le compromis avec les conditions suspensives adaptées (financement, urbanisme, diagnostics).
  4. Lancez et suivez les travaux avec un planning serré et des points d’avancement hebdomadaires.
  5. Commercialisez le bien dès que les travaux sont achevés à 80 %. Photos professionnelles, home staging, annonces multi-supports.

Si c’est votre premier achat immobilier, commencez par une petite opération (studio ou T2) pour apprendre le métier sans prendre de risque excessif. Les marchands de biens les plus prospères que j’ai accompagnés ont tous commencé modestement avant de monter en puissance.

Pour les investisseurs qui souhaitent diversifier au-delà de l’achat-revente, je recommande de s’intéresser aux SCPI à bon rendement ou à l’assurance vie couplée aux SCPI. Ce sont d’excellents compléments pour faire travailler sa trésorerie entre deux opérations.

À retenir

  • Exercez toujours en société à l’IS (SAS ou SARL) pour optimiser la fiscalité et protéger votre patrimoine
  • N’achetez jamais un bien sans avoir vérifié que le prix est au moins 20 % sous le marché rénové
  • Prévoyez une marge de sécurité de 15 % sur votre budget travaux et 6 mois de trésorerie de portage
  • Diversifiez vos sources de financement : 3 à 4 banques et 2 à 3 sources alternatives minimum
  • Commencez par une petite opération (studio ou T2) pour maîtriser le processus avant de monter en gamme

Questions fréquentes


Faut-il un diplôme pour devenir marchand de biens ?

Non, aucun diplôme n’est requis pour exercer l’activité de marchand de biens en France. Il suffit de créer une société avec un objet social adapté et de s’immatriculer au RCS. En revanche, des compétences solides en droit immobilier, fiscalité, estimation et gestion de travaux sont indispensables pour réussir. Je recommande vivement de suivre une formation spécialisée avant de se lancer.


Quel budget minimum pour une première opération de marchand de biens ?

Comptez un apport personnel de 30 000 à 50 000 € pour une première opération modeste (studio ou petit T2 à rénover). Ce montant couvre généralement les 20 à 30 % d’apport exigés par la banque, plus une réserve de trésorerie. Certains marchands démarrent avec moins en utilisant le crédit-vendeur ou des investisseurs privés, mais la prudence recommande de disposer d’un matelas suffisant.


Quelle est la différence entre marchand de biens et investisseur locatif ?

Le marchand de biens achète pour revendre rapidement avec une plus-value, tandis que l’investisseur locatif achète pour conserver le bien et percevoir des loyers. La fiscalité est très différente : le marchand relève de l’IS avec TVA sur marge, l’investisseur locatif de l’IR avec les régimes LMNP ou location meublée ou vide. Le marchand prend plus de risques sur chaque opération, mais ses gains potentiels sont supérieurs.


Comment sont imposées les plus-values d’un marchand de biens ?

En société à l’IS, les plus-values sont imposées comme des bénéfices commerciaux : 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice annuel, puis 25 % au-delà. S’y ajoute la TVA sur marge (20 % sur la différence entre prix de vente et prix d’achat) pour les biens de plus de 5 ans. Les dividendes versés au dirigeant sont ensuite soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (flat tax). C’est pourquoi un expert-comptable spécialisé est indispensable pour optimiser chaque opération.


Quels sont les principaux risques de l’activité de marchand de biens ?

Les risques majeurs sont la surestimation du prix de revente, la sous-estimation des coûts de travaux, l’allongement du délai de portage, et le retournement du marché immobilier local. Pour les atténuer, travaillez toujours avec des données de marché fiables (base DVF), ajoutez 15 à 20 % de marge sur les devis travaux, et conservez une trésorerie de sécurité couvrant 6 mois de charges. L’assurance RC Pro et la garantie des vices cachés sont également essentielles.


Peut-on cumuler l’activité de marchand de biens avec un emploi salarié ?

Oui, il est tout à fait possible de cumuler un emploi salarié avec une activité de marchand de biens exercée via une société. Vérifiez simplement que votre contrat de travail ne comporte pas de clause d’exclusivité ou de non-concurrence incompatible. Le statut de président de SAS est particulièrement adapté à ce cumul, car il permet une grande souplesse dans la gestion du temps.


Alexandre Duval
Alexandre Duval

Alexandre Duval est ancien conseiller bancaire spécialisé en financement immobilier. Après 15 ans côté banque, il accompagne les investisseurs en toute indépendance et partage ses analyses du marché sur AD Immo.