Dans cet article
- La loi Alur impose une mise en demeure sous 30 jours avant toute action en recouvrement de charges impayées
- Le syndic peut engager une procédure judiciaire sans vote préalable en assemblée générale grâce à la loi Alur
- Un copropriétaire débiteur peut perdre son droit de vote en AG après mise en demeure restée infructueuse
- La loi prévoit un fonds de travaux obligatoire (minimum 2,5 % du budget prévisionnel) pour limiter les impayés
- En cas de vente, le notaire doit bloquer les charges impayées sur le prix de cession via l’opposition du syndic
- Les frais de recouvrement amiable sont désormais imputables au seul débiteur depuis la loi Alur
Sommaire
- Comprendre la loi Alur et son impact sur la copropriété
- Les mécanismes de prévention des impayés instaurés par la loi Alur
- Procédure de recouvrement amiable : les étapes obligatoires
- Action judiciaire : quand et comment saisir le tribunal
- Copropriété en difficulté : les dispositifs spécifiques de la loi Alur
- Vente d’un lot avec charges impayées : obligations et garanties
- Nouvelles règles 2025-2026 : évolutions récentes
- Sanctions pour non-respect du règlement de copropriété
Après quinze ans passés côté banque à analyser des dossiers de financement immobilier, j’ai vu des dizaines d’acquéreurs découvrir trop tard que leur copropriété croulait sous les impayés. La loi Alur, promulguée le 24 mars 2014, a profondément modifié la gestion des charges impayées en copropriété. Je vous explique ici, de manière concrète, ce que cette loi change pour vous, que vous soyez copropriétaire, syndic ou futur acquéreur.
Comprendre la loi Alur et son impact sur la copropriété
La loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l’Accès au Logement et un Urbanisme Rénové (ALUR) constitue l’une des réformes les plus importantes du droit de la copropriété depuis la loi Élan. Son objectif principal concernant les copropriétés : lutter contre la dégradation des immeubles en agissant préventivement sur les impayés de charges.
Concrètement, la loi Alur a modifié plusieurs articles de la loi du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété. Elle renforce les pouvoirs du syndic, accélère les procédures de recouvrement et crée des mécanismes de prévention pour éviter que les impayés ne s’accumulent jusqu’à mettre en péril l’équilibre financier de la copropriété.

Dans mon expérience bancaire, j’ai constaté que les copropriétés en difficulté financière présentent un profil récurrent : un taux d’impayés supérieur à 25 % du budget prévisionnel, un report systématique des travaux d’entretien, et une dévalorisation progressive des lots. La loi Alur s’attaque à ce cercle vicieux en intervenant bien plus tôt dans le processus.
Les principales mesures touchant les impayés concernent :
- L’accélération des procédures de recouvrement
- La création du fonds de travaux obligatoire
- Le renforcement de l’information des acquéreurs
- La possibilité de suspendre le droit de vote du débiteur
- L’imputation des frais de recouvrement au seul copropriétaire défaillant
Les mécanismes de prévention des impayés instaurés par la loi Alur
La loi Alur a instauré plusieurs dispositifs préventifs que je considère comme essentiels pour la santé financière d’une copropriété. Le premier et le plus structurant est le fonds de travaux obligatoire, codifié à l’article 14-2 de la loi du 10 juillet 1965.
Le fonds de travaux obligatoire
Depuis le 1er janvier 2017, toute copropriété de plus de 10 lots doit constituer un fonds de travaux alimenté par une cotisation annuelle d’au moins 2,5 % du budget prévisionnel. Ce fonds, distinct du fonds de roulement classique, permet de financer les travaux votés sans recourir à des appels de fonds exceptionnels, souvent générateurs d’impayés.
En pratique, j’ai observé que les copropriétés disposant d’un fonds de travaux bien alimenté affichent un taux d’impayés inférieur de 30 à 40 % par rapport aux copropriétés qui n’en disposent pas. La raison est simple : les charges exceptionnelles brutales sont les premières génératrices d’impayés.
Le diagnostic technique global (DTG)
La loi Alur a également instauré la possibilité de réaliser un diagnostic technique global qui permet d’anticiper les travaux nécessaires et d’étaler leur financement dans le temps. Cette planification réduit mécaniquement le risque d’impayés liés à des appels de fonds imprévus et massifs.
L’extranet copropriétaire
Autre innovation de la loi Alur : l’obligation pour le syndic de mettre à disposition un espace en ligne sécurisé permettant à chaque copropriétaire de consulter les documents relatifs à la gestion de l’immeuble. Cette transparence améliore la confiance et favorise le paiement régulier des charges, selon les données publiées par le portail Service-Public.fr sur le recouvrement des charges.
Procédure de recouvrement amiable : les étapes obligatoires
La loi Alur a clarifié et accéléré la procédure de recouvrement amiable. Voici les étapes que le syndic doit respecter, dans l’ordre :
Étape 1 : la relance simple
Dès qu’un appel de charges n’est pas honoré à son échéance, le syndic adresse une relance par courrier simple. Cette étape, bien que non obligatoire légalement, fait partie des bonnes pratiques et peut suffire à régulariser la situation.
Étape 2 : la mise en demeure
Si la relance reste sans effet, le syndic doit adresser une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception. C’est cette mise en demeure qui déclenche les effets juridiques prévus par la loi Alur. Elle fait courir les intérêts de retard et, surtout, elle rend immédiatement exigibles toutes les provisions non encore échues de l’exercice en cours (article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 modifié par la loi Alur).
Ce mécanisme d’exigibilité immédiate est une arme redoutable. Concrètement, si un copropriétaire ne paie pas son appel du premier trimestre et que le syndic le met en demeure, les appels des deuxième, troisième et quatrième trimestres deviennent immédiatement exigibles. La dette peut ainsi être multipliée par quatre d’un coup.

Étape 3 : le délai de 30 jours
Le copropriétaire dispose d’un délai de 30 jours à compter de la réception de la mise en demeure pour régulariser sa situation. Passé ce délai, le syndic peut engager la procédure judiciaire sans avoir besoin d’une autorisation de l’assemblée générale.
| Étape | Délai | Support | Effet juridique |
|---|---|---|---|
| Relance simple | Dès l’échéance dépassée | Courrier simple ou e-mail | Aucun |
| Mise en demeure | 15 à 30 jours après relance | LRAR obligatoire | Exigibilité immédiate des provisions |
| Délai de régularisation | 30 jours après réception | — | Possibilité d’action judiciaire |
| Saisine du tribunal | Après les 30 jours | Assignation | Condamnation et titre exécutoire |
Imputation des frais au débiteur
Point crucial introduit par la loi Alur : les frais nécessaires au recouvrement (lettres de relance, mise en demeure, frais d’huissier) sont désormais imputables au seul copropriétaire débiteur. Les autres copropriétaires n’ont plus à supporter ces coûts dans les charges communes, ce qui était auparavant une source d’injustice majeure.
Action judiciaire : quand et comment saisir le tribunal
Si la phase amiable échoue, la loi Alur a considérablement simplifié l’action judiciaire pour le syndic. Avant 2014, le syndic devait obtenir une autorisation de l’assemblée générale pour engager une procédure judiciaire contre un copropriétaire défaillant. Cette obligation ralentissait considérablement le recouvrement.
L’action sans autorisation de l’AG
Depuis la loi Alur, le syndic peut agir en justice pour le recouvrement des charges impayées sans autorisation préalable de l’assemblée générale. Cette mesure est codifiée à l’article 55 du décret du 17 mars 1967. Le syndic doit simplement informer le conseil syndical de son action.
En pratique, cela signifie que le syndic peut saisir le tribunal judiciaire (ex-tribunal de grande instance pour les créances supérieures à 10 000 €) ou le juge des contentieux de la protection (pour les créances inférieures) dès l’expiration du délai de 30 jours suivant la mise en demeure.
La procédure accélérée au fond
Pour les créances de charges de copropriété, le syndic peut utiliser la procédure accélérée au fond (anciennement assignation en référé-provision). Cette procédure permet d’obtenir un titre exécutoire en quelques semaines seulement, contre plusieurs mois pour une procédure au fond classique.
Je recommande systématiquement aux syndics de recourir à un avocat spécialisé en copropriété pour optimiser ces procédures. Les frais d’avocat, rappelons-le, sont récupérables sur le copropriétaire défaillant au titre de l’article 700 du Code de procédure civile.
L’hypothèque légale
La loi Alur a renforcé le privilège immobilier spécial du syndicat des copropriétaires. Le syndic peut inscrire une hypothèque légale sur le lot du copropriétaire débiteur pour garantir le paiement des charges dues. Cette inscription se fait sans autorisation judiciaire préalable, ce qui constitue une garantie supplémentaire pour la copropriété.
Copropriété en difficulté : les dispositifs spécifiques de la loi Alur
Lorsque le taux d’impayés dépasse 25 % du budget prévisionnel (ou 33 % pour les copropriétés de moins de 200 lots), la copropriété peut être considérée comme « en difficulté ». La loi Alur a créé un arsenal de mesures graduées pour traiter ces situations.
L’alerte du mandataire ad hoc
Le syndic a l’obligation de saisir le tribunal judiciaire pour la désignation d’un mandataire ad hoc lorsque les impayés dépassent le seuil de 25 %. Ce mandataire analyse la situation financière et propose des solutions. Si le syndic ne remplit pas cette obligation, tout copropriétaire ou le procureur de la République peut effectuer cette saisine.
L’administration provisoire
En cas d’échec du mandataire ad hoc, le juge peut placer la copropriété sous administration provisoire. L’administrateur provisoire dispose de pouvoirs étendus : il peut prendre des mesures d’urgence, négocier des échéanciers avec les débiteurs, et même demander la mise sous tutelle de la copropriété selon les dispositions de la loi n° 2014-366 sur Légifrance.

Le registre national des copropriétés
La loi Alur a créé le registre national d’immatriculation des copropriétés, géré par l’Agence nationale de l’habitat (ANAH). Ce registre collecte des données financières, dont le taux d’impayés, permettant aux pouvoirs publics d’identifier les copropriétés fragiles avant qu’elles ne sombrent dans la dégradation.
Vente d’un lot avec charges impayées : obligations et garanties
La vente d’un appartement en copropriété lorsque des charges sont impayées est un sujet que j’ai souvent traité avec mes clients bancaires. La loi Alur a renforcé les protections à ce niveau.
L’opposition du syndic
Lors de la vente d’un lot, le syndic dispose d’un droit d’opposition sur le prix de vente. Concrètement, il peut demander au notaire de prélever le montant des charges impayées directement sur le prix de cession avant de verser le solde au vendeur. Ce droit s’exerce dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la vente.
L’information obligatoire de l’acquéreur
La loi Alur impose la transmission à l’acquéreur de nombreux documents avant la vente, notamment :
- Le montant des charges courantes du budget prévisionnel et des charges hors budget
- Les sommes susceptibles d’être dues au syndicat par le futur acquéreur
- L’état global des impayés de la copropriété
- Le montant du fonds de travaux et la quote-part rattachée au lot vendu
- Le carnet d’entretien de l’immeuble
Cette transparence est fondamentale. En tant qu’ancien conseiller bancaire, je vérifiais systématiquement ces éléments avant d’accorder un financement. Un taux d’impayés élevé dans une copropriété est un signal d’alerte majeur qui peut justifier un refus de prêt.
La solidarité vendeur-acquéreur
Point important : l’acquéreur n’est pas solidaire des dettes de l’ancien propriétaire pour les charges antérieures à la vente. Cependant, si le syndic n’a pas exercé son droit d’opposition, il conserve son recours contre le vendeur. Les copropriétaires ne sont pas solidaires entre eux des impayés, chacun étant tenu à hauteur de ses tantièmes uniquement.
Nouvelles règles 2025-2026 : évolutions récentes
Le cadre législatif continue d’évoluer. Plusieurs dispositions récentes complètent le dispositif de la loi Alur en matière d’impayés de copropriété.
Le plan pluriannuel de travaux (PPT)
Depuis le 1er janvier 2025, toutes les copropriétés (y compris celles de moins de 50 lots, obligation étendue progressivement) doivent adopter un plan pluriannuel de travaux sur 10 ans. Ce PPT, issu de la loi Élan et de la loi Climat et Résilience, permet de mieux anticiper les dépenses et donc de réduire le risque d’impayés liés aux travaux de rénovation énergétique.
Le renforcement du fonds de travaux
L’assemblée générale peut désormais voter un montant de cotisation au fonds de travaux supérieur au minimum légal de 2,5 % si le PPT le justifie. Dans les copropriétés confrontées à d’importants travaux de rénovation énergétique, des cotisations de 5 à 8 % du budget prévisionnel deviennent courantes.
La dématérialisation des procédures
Les mises en demeure peuvent désormais être envoyées par lettre recommandée électronique (LRE), ce qui accélère la procédure et réduit les coûts. Le copropriétaire doit toutefois avoir préalablement accepté ce mode de communication, conformément aux dispositions du Code des postes et des communications électroniques.
Le DPE collectif obligatoire
L’obligation de réaliser un DPE collectif, désormais effective pour toutes les copropriétés, implique des appels de fonds supplémentaires. Les syndics doivent anticiper ces dépenses pour éviter de générer de nouveaux impayés.
Sanctions pour non-respect du règlement de copropriété
Au-delà des seuls impayés de charges, la loi Alur et le droit de la copropriété prévoient plusieurs sanctions en cas de manquement au règlement de copropriété.
Suspension du droit de vote
C’est la sanction la plus directe pour les mauvais payeurs. L’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965, modifié par la loi Alur, prévoit que le copropriétaire qui n’a pas payé ses charges après mise en demeure perd son droit de vote en assemblée générale. Il peut toutefois assister à l’assemblée et y prendre la parole.
Intérêts de retard
Les intérêts de retard courent de plein droit à compter de la mise en demeure, au taux légal majoré de 5 points (sauf clause contraire du règlement de copropriété prévoyant un taux conventionnel). Pour 2026, le taux légal applicable aux particuliers s’établit autour de 8,5 % avec la majoration.
Dommages et intérêts
Si les impayés d’un copropriétaire causent un préjudice à la copropriété (report de travaux urgents par exemple), le syndicat peut demander des dommages et intérêts complémentaires en justice. Cette possibilité est rarement utilisée mais constitue un levier supplémentaire.
Saisie immobilière
En dernier recours, le syndicat des copropriétaires peut engager une procédure de saisie immobilière du lot du copropriétaire défaillant. Cette mesure extrême n’intervient qu’après l’obtention d’un titre exécutoire et l’échec des voies d’exécution classiques (saisie sur compte bancaire, saisie sur salaire). Elle est protégée par l’article L. 311-1 du Code des procédures civiles d’exécution.
| Sanction | Condition de déclenchement | Gravité | Réversibilité |
|---|---|---|---|
| Intérêts de retard | Mise en demeure envoyée | Faible | Paiement intégral |
| Suspension droit de vote | Mise en demeure restée infructueuse | Moyenne | Régularisation de la dette |
| Exigibilité immédiate | Mise en demeure de 30 jours | Élevée | Paiement intégral |
| Hypothèque légale | Décision du syndic | Élevée | Mainlevée après paiement |
| Saisie immobilière | Titre exécutoire + échec autres voies | Maximale | Irréversible (vente forcée) |
Je tiens à souligner un point que beaucoup de copropriétaires ignorent : même en cas de difficultés financières, il est toujours préférable de contacter le syndic pour négocier un échéancier plutôt que de laisser la situation se dégrader. Les syndics acceptent fréquemment des plans de paiement qui évitent les frais de procédure, dans l’intérêt de toutes les parties. Si vous traversez une période difficile, n’hésitez pas à explorer les solutions comme le rachat de crédit pour alléger vos mensualités globales.
Pour les copropriétés souhaitant se prémunir contre les risques financiers liés aux impayés, une bonne assurance d’immeuble en copropriété incluant une garantie protection juridique peut s’avérer précieuse pour couvrir les frais de procédure.
À retenir
- Exigez du syndic qu’il envoie la mise en demeure dans les 45 jours suivant l’échéance impayée pour déclencher l’exigibilité immédiate
- Vérifiez que votre copropriété alimente bien un fonds de travaux à 2,5 % minimum du budget prévisionnel
- Avant d’acheter, demandez au syndic le taux d’impayés global de la copropriété : au-delà de 15 %, la vigilance s’impose
- En cas de difficulté de paiement, contactez le syndic avant la mise en demeure pour négocier un échéancier amiable
- Conservez les preuves de paiement de vos charges pendant 5 ans minimum (délai de prescription des actions en recouvrement)
Questions fréquentes
Quels sont les recours possibles en cas d’impayés de charges de copropriété ?
Le syndic dispose de plusieurs recours graduels : la relance amiable, la mise en demeure par LRAR (déclenchant l’exigibilité immédiate des provisions de l’exercice), puis l’action judiciaire sans autorisation de l’AG. En justice, il peut obtenir un titre exécutoire via une procédure accélérée au fond, inscrire une hypothèque légale sur le lot, procéder à des saisies sur comptes ou salaires, et en dernier recours demander la saisie immobilière du lot. Les frais de ces procédures sont intégralement imputables au copropriétaire défaillant.
Quelles sont les nouvelles règles de la copropriété en 2025 ?
Depuis 2025, toutes les copropriétés doivent adopter un plan pluriannuel de travaux (PPT) sur 10 ans, quelle que soit leur taille. Le DPE collectif est devenu obligatoire pour toutes les copropriétés. Le fonds de travaux peut être majoré au-delà de 2,5 % si le PPT le justifie. La dématérialisation des procédures (mise en demeure par lettre recommandée électronique) est facilitée, et le registre national des copropriétés collecte désormais des données financières plus détaillées.
Quelles sont les conséquences de la loi Alur sur les copropriétés ?
La loi Alur a transformé la gestion des copropriétés sur plusieurs plans : création du fonds de travaux obligatoire (2,5 % du budget), accélération du recouvrement des impayés (exigibilité immédiate après mise en demeure), suppression de l’autorisation d’AG pour agir en justice, imputation des frais de recouvrement au seul débiteur, immatriculation obligatoire au registre national, mise en place de l’extranet copropriétaire, et création de procédures pour les copropriétés en difficulté (mandataire ad hoc, administration provisoire).
Quelle sanction pour non-respect du règlement de copropriété ?
Les sanctions varient selon la gravité du manquement. Pour les impayés : intérêts de retard au taux légal majoré (environ 8,5 % en 2026), suspension du droit de vote en AG, exigibilité immédiate de toutes les provisions de l’exercice. Pour les autres infractions au règlement : mise en conformité ordonnée par le tribunal, dommages et intérêts si un préjudice est démontré, astreinte journalière en cas de non-exécution de la décision judiciaire.
Un copropriétaire qui ne paie pas ses charges peut-il perdre son droit de vote en assemblée générale ?
Oui. L’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965, modifié par la loi Alur, prévoit la suspension du droit de vote du copropriétaire qui n’a pas régularisé sa situation dans les 30 jours suivant la mise en demeure. Il conserve le droit d’assister à l’assemblée et de s’exprimer, mais ses tantièmes ne sont pas pris en compte dans le calcul des majorités. Ce droit est rétabli dès la régularisation intégrale de la dette.
Qui paie les charges impayées d’un copropriétaire défaillant ?
Les autres copropriétaires ne sont pas solidaires des impayés. Chaque copropriétaire est tenu à proportion de ses tantièmes uniquement. En revanche, si les impayés empêchent de financer des dépenses urgentes, le syndic peut voter un appel de fonds exceptionnel réparti entre les copropriétaires solvables, qui conservent un recours contre le débiteur. En cas de vente du lot, le syndic exerce son droit d’opposition pour récupérer les sommes dues sur le prix de cession.
Alexandre Duval est ancien conseiller bancaire spécialisé en financement immobilier. Après 15 ans côté banque, il accompagne les investisseurs en toute indépendance et partage ses analyses du marché sur AD Immo.