Frais de notaire par département : le comparatif complet

Dans cet article

  • Les droits de mutation varient de 3,80 % à 4,50 % selon le département où se situe le bien
  • Seuls 4 départements appliquent encore le taux réduit de 3,80 % en 2026 : Indre, Isère, Marne et Mayotte
  • Pour une maison ancienne à 200 000 €, les frais de notaire oscillent entre 14 200 € et 16 400 € selon la localisation
  • Les émoluments du notaire sont identiques partout en France, seuls les droits départementaux changent
  • Un achat dans le neuf bénéficie de frais réduits à environ 2 à 3 % du prix, quel que soit le département
  • Il est possible de déduire la valeur du mobilier du prix de vente pour diminuer l’assiette des droits de mutation

Après quinze ans passés côté banque à monter des dossiers de financement, je peux vous assurer que la question des frais de notaire par département revient dans quasiment chaque rendez-vous avec un futur acquéreur. Et pour cause : selon que vous achetiez dans l’Indre ou dans les Bouches-du-Rhône, l’écart sur les droits de mutation peut représenter plusieurs milliers d’euros. Dans ce guide, je vous livre le comparatif complet, département par département, pour que vous sachiez exactement ce que vous allez payer.

Comprendre la composition des frais de notaire

Avant de comparer les départements, il faut bien comprendre ce que recouvrent ces fameux « frais de notaire ». En réalité, cette appellation est trompeuse : environ 80 % de la somme ne revient pas au notaire lui-même. Voici la décomposition précise :

Les droits de mutation à titre onéreux (DMTO) constituent la part la plus importante. Ils se composent de la taxe départementale, de la taxe communale et d’un prélèvement pour frais d’assiette au profit de l’État. C’est cette taxe départementale qui varie d’un territoire à l’autre, et c’est elle qui explique les écarts de frais entre deux départements voisins.

Les émoluments du notaire correspondent à la rémunération réglementée du professionnel. Ils sont fixés par décret et sont donc strictement identiques sur tout le territoire français. Contrairement à une idée reçue tenace, changer de notaire ne modifiera jamais cette partie du coût. Comme le précise le site officiel des notaires de France, ces émoluments sont proportionnels au prix de vente et suivent un barème dégressif.

Enfin, les débours et frais divers couvrent les dépenses engagées par le notaire pour le compte de l’acquéreur : documents d’urbanisme, extraits cadastraux, états hypothécaires, timbres fiscaux. Cette enveloppe représente généralement entre 800 et 1 500 € selon la complexité du dossier.

Détailler chaque poste de frais permet de mieux anticiper le budget total d'un achat immobilier
Détailler chaque poste de frais permet de mieux anticiper le budget total d’un achat immobilier

Pourquoi les frais varient d’un département à l’autre

Le mécanisme est simple : chaque conseil départemental a la possibilité de fixer le taux de la taxe de publicité foncière dans une fourchette définie par la loi. Depuis la loi de finances 2014, les départements peuvent appliquer un taux compris entre 1,20 % et 4,50 % du prix de vente. En pratique, la grande majorité a opté pour le taux plafond de 4,50 %.

À ce taux départemental s’ajoute la taxe communale de 1,20 %, identique partout, plus un prélèvement de l’État de 2,37 % assis sur le droit départemental. Au total, pour un département au taux maximum, les droits de mutation atteignent environ 5,81 % du prix du bien ancien. Pour les quelques départements restés au taux plancher de 3,80 %, le total descend à environ 5,09 %.

Cette liberté fiscale accordée aux départements s’inscrit dans le cadre de la décentralisation. Les DMTO représentent une recette essentielle pour les collectivités : selon la Direction générale des collectivités locales, ils pèsent en moyenne 15 à 20 % des recettes de fonctionnement des départements. C’est pourquoi si peu d’entre eux renoncent au taux maximal.

Tableau comparatif des taux par département en 2026

Je vous présente ici la grille complète des frais de notaire par département. Le tableau distingue les départements au taux réduit de ceux au taux plein. J’ai ajouté le coût estimé des droits de mutation seuls pour un bien ancien à 200 000 €, afin de rendre la comparaison immédiatement lisible.

Département Taux départemental Taux total DMTO DMTO pour 200 000 €
Indre (36) 3,80 % 5,09 % 10 180 €
Isère (38) 3,80 % 5,09 % 10 180 €
Marne (51) 3,80 % 5,09 % 10 180 €
Mayotte (976) 3,80 % 5,09 % 10 180 €
Paris (75) 4,50 % 5,81 % 11 620 €
Bouches-du-Rhône (13) 4,50 % 5,81 % 11 620 €
Rhône (69) 4,50 % 5,81 % 11 620 €
Nord (59) 4,50 % 5,81 % 11 620 €
Gironde (33) 4,50 % 5,81 % 11 620 €
Haute-Garonne (31) 4,50 % 5,81 % 11 620 €
Loire-Atlantique (44) 4,50 % 5,81 % 11 620 €
Hérault (34) 4,50 % 5,81 % 11 620 €
Alpes-Maritimes (06) 4,50 % 5,81 % 11 620 €
Var (83) 4,50 % 5,81 % 11 620 €
Seine-Saint-Denis (93) 4,50 % 5,81 % 11 620 €
Tous les autres départements 4,50 % 5,81 % 11 620 €

Comme vous le constatez, l’écart de droits de mutation entre un département à taux réduit et un département à taux plein atteint 1 440 € pour un bien à 200 000 €. Sur un achat à 400 000 €, cet écart grimpe à près de 2 880 €. C’est loin d’être négligeable, surtout lorsque l’on boucle un plan de financement serré.

Le taux départemental des droits de mutation varie entre 3,80 % et 4,50 % selon les territoires
Le taux départemental des droits de mutation varie entre 3,80 % et 4,50 % selon les territoires

Simulation concrète pour un achat à 200 000 €

Prenons un exemple concret que je rencontrais régulièrement à la banque : un couple souhaite acheter une maison ancienne à 200 000 €. Voici le détail complet des frais selon que le bien se situe dans un département au taux réduit ou au taux plein.

Poste Département à 3,80 % Département à 4,50 %
Taxe départementale 7 600 € 9 000 €
Taxe communale (1,20 %) 2 400 € 2 400 €
Prélèvement pour frais d’assiette 180 € 213 €
Total droits de mutation 10 180 € 11 613 €
Émoluments du notaire 2 033 € 2 033 €
Débours et formalités 1 200 € 1 200 €
Contribution de sécurité immobilière 200 € 200 €
Total frais de notaire 13 613 € 15 046 €

L’écart total est donc d’environ 1 433 €. En pourcentage du prix d’achat, cela représente respectivement 6,8 % et 7,5 %. Je recommande toujours à mes clients de prévoir une enveloppe de 7 à 8 % du prix pour un bien ancien, ce qui laisse une marge confortable dans la plupart des cas. Pour un achat dans le neuf, la donne est totalement différente : je vous invite à consulter mon guide dédié aux frais de notaire pour une maison neuve.

Le barème des émoluments du notaire

Pour répondre à une question que l’on me pose constamment : est-ce que tous les notaires ont le même tarif ? Oui, absolument. Les émoluments sont réglementés par l’arrêté du 26 février 2016 fixant les tarifs réglementés des notaires et sont strictement identiques d’une étude à l’autre. Voici le barème en vigueur en 2026 :

Tranche de prix Taux applicable
De 0 à 6 500 € 3,870 %
De 6 500 € à 17 000 € 1,596 %
De 17 000 € à 60 000 € 1,064 %
Au-delà de 60 000 € 0,799 %

Ce barème est dégressif : plus le prix du bien est élevé, plus le pourcentage diminue. Pour un bien à 200 000 €, les émoluments s’élèvent à environ 2 033 € HT. Le notaire peut néanmoins accorder une remise pouvant aller jusqu’à 20 % sur la part des émoluments calculée sur le montant dépassant 100 000 €. C’est un levier de négociation que peu d’acquéreurs connaissent ; n’hésitez pas à le demander.

En revanche, le notaire ne peut en aucun cas réduire les droits de mutation, car ceux-ci sont des taxes reversées intégralement au Trésor public et aux collectivités.

Les frais à prévoir en plus du prix d’achat

Les frais de notaire ne sont pas les seuls coûts à anticiper lors d’un achat immobilier. Voici la liste complète des postes que je détaillais systématiquement à mes clients en rendez-vous :

Les frais de garantie du prêt sont souvent sous-estimés. Si vous optez pour une hypothèque, comptez environ 1,5 % du montant emprunté. Le cautionnement bancaire revient moins cher, autour de 1 %, et une partie est restituée en fin de prêt. Je recommande vivement de comparer les deux options : consultez mon article sur les différences entre caution et hypothèque pour faire le bon choix.

Les frais de dossier bancaire varient de 500 à 1 500 € selon les établissements. Ils sont presque toujours négociables, surtout si vous apportez un bon dossier. Les frais d’agence immobilière, quand ils sont à la charge de l’acquéreur, représentent en général 3 à 8 % du prix du bien.

N’oubliez pas non plus les frais de déménagement, les éventuels travaux de mise aux normes, et la taxe d’habitation si vous achetez une résidence secondaire. Pour une résidence secondaire, vérifiez aussi si la commune applique une surtaxe sur la taxe d’habitation.

Anticiper tous les frais annexes évite les mauvaises surprises le jour de la signature chez le notaire
Anticiper tous les frais annexes évite les mauvaises surprises le jour de la signature chez le notaire

Astuces pour réduire ses frais de notaire

En quinze ans de métier, j’ai vu des acquéreurs économiser des sommes significatives en appliquant ces stratégies :

Déduire le mobilier du prix de vente. Lorsque le bien est vendu meublé ou équipé (cuisine équipée, électroménager encastré, luminaires), la valeur de ces éléments peut être déduite de l’assiette des droits de mutation. Concrètement, si vous achetez un appartement à 250 000 € avec 15 000 € de mobilier, les droits de mutation seront calculés sur 235 000 €. L’économie atteint alors environ 870 €. Attention, la liste du mobilier doit être réaliste et justifiable ; le notaire peut la contester si les montants sont manifestement surévalués.

Séparer les frais d’agence du prix. Si les honoraires de l’agence immobilière sont à la charge de l’acquéreur et clairement mentionnés dans le mandat, ils peuvent être exclus de l’assiette des DMTO. C’est une pratique parfaitement légale qui peut générer une économie de 500 à 2 000 € selon le montant de la commission.

Acheter dans le neuf. Les frais de notaire dans le neuf tournent autour de 2 à 3 % du prix, contre 7 à 8 % dans l’ancien. Pour un bien à 250 000 €, cela représente une économie potentielle de 12 000 à 15 000 €. Si cette option vous intéresse, consultez mon guide complet sur les frais de notaire pour maison neuve.

Négocier la remise sur émoluments. Comme je l’ai mentionné, le notaire peut accorder jusqu’à 20 % de remise sur la tranche au-delà de 100 000 €. Pour un bien à 300 000 €, cette remise peut représenter environ 320 €. Ce n’est pas énorme, mais c’est toujours bon à prendre.

Si vous êtes primo-accédant, des dispositifs spécifiques peuvent réduire davantage la facture. Je détaille toutes ces aides dans mon article sur les frais de notaire pour primo-accédants.

Cas particuliers : neuf, primo-accédant et zones tendues

Certaines situations permettent de bénéficier de taux réduits de droits de mutation, indépendamment du département :

L’achat dans le neuf (VEFA ou construction de moins de 5 ans jamais revendue) bénéficie d’un taux de taxe de publicité foncière réduit à 0,715 % au lieu des 5,09 % à 5,81 % habituels. C’est la principale raison de l’écart considérable entre les frais dans l’ancien et dans le neuf.

Les engagements de revendre dans un délai de 5 ans permettent aux marchands de biens de bénéficier d’un droit fixe. Ce dispositif ne concerne pas les particuliers, mais il est utile de le connaître si vous traitez avec un professionnel qui vous revend un bien.

Les zones de revitalisation rurale offraient historiquement des exonérations partielles sur certains droits. Depuis la réforme des ZRR en zones France Ruralités Revitalisation (FRR), les conditions ont évolué. Renseignez-vous auprès de votre notaire pour savoir si le bien que vous visez en bénéficie.

Pour un investissement locatif, les frais de notaire sont identiques à ceux d’une résidence principale. En revanche, ils sont déductibles des revenus fonciers si vous optez pour le régime réel d’imposition. C’est un avantage fiscal non négligeable que je conseille d’intégrer dans votre simulation de crédit pour investissement locatif. Pensez aussi à bien évaluer le calendrier de remboursement de votre crédit en tenant compte de ces frais initiaux.

Enfin, certains acquéreurs me demandent si la plus-value réalisée à la revente peut compenser les frais de notaire. C’est rarement le cas sur un horizon court (moins de 5 ans), surtout si l’on ajoute les frais de remboursement anticipé du prêt. Mon conseil : intégrez toujours les frais de notaire dans votre calcul de rentabilité globale, que ce soit pour une résidence principale ou un projet d’investissement locatif.

À retenir

  • Vérifiez le taux départemental applicable avant de finaliser votre plan de financement
  • Demandez systématiquement au notaire la remise de 20 % sur les émoluments au-delà de 100 000 €
  • Listez le mobilier inclus dans la vente pour le déduire de l’assiette des droits de mutation
  • Prévoyez une enveloppe de 7 à 8 % du prix pour un bien ancien, 2 à 3 % pour du neuf
  • Comparez cautionnement et hypothèque pour optimiser le coût total de votre acquisition

Questions fréquentes


Est-ce que tous les notaires ont le même tarif ?

Oui. Les émoluments des notaires sont fixés par décret et sont strictement identiques sur tout le territoire français. Ce qui varie d’un département à l’autre, ce sont les droits de mutation (taxes départementales et communales), qui représentent environ 80 % des frais totaux. Changer de notaire ne modifie donc pas le montant global des frais. En revanche, le notaire peut accorder une remise allant jusqu’à 20 % sur la part de ses émoluments calculée au-delà de 100 000 €.

Quels sont les frais de notaire pour une maison à 200 000 € ?

Pour une maison ancienne à 200 000 €, les frais de notaire totaux se situent entre 13 600 € et 15 100 € selon le département. Dans un département au taux réduit (3,80 %), comptez environ 13 600 €. Dans un département au taux plein (4,50 %), la facture atteint environ 15 000 €. Ces montants incluent les droits de mutation, les émoluments du notaire (environ 2 033 €) et les débours (environ 1 200 €).

Quel est le barème des frais de notaire ?

Le barème des émoluments du notaire est dégressif : 3,870 % jusqu’à 6 500 €, puis 1,596 % de 6 500 à 17 000 €, puis 1,064 % de 17 000 à 60 000 €, et enfin 0,799 % au-delà de 60 000 €. À ces émoluments s’ajoutent les droits de mutation (entre 5,09 % et 5,81 % du prix dans l’ancien selon le département) et les débours (800 à 1 500 €). Au total, les frais représentent environ 7 à 8 % du prix pour un bien ancien.

Quels sont les frais à prévoir en plus du prix d’un achat immobilier ?

Au-delà des frais de notaire (7 à 8 % dans l’ancien), il faut anticiper les frais de garantie du prêt (1 à 1,5 % du montant emprunté pour une hypothèque, environ 1 % pour un cautionnement), les frais de dossier bancaire (500 à 1 500 €), les éventuels honoraires d’agence (3 à 8 % du prix), les frais de déménagement et les travaux éventuels. Pour une résidence secondaire, ajoutez la taxe d’habitation et une éventuelle surtaxe communale.

Que comprennent exactement les frais de notaire ?

Les frais de notaire se décomposent en trois parties : les droits de mutation (taxe départementale, taxe communale et prélèvement de l’État), qui représentent environ 80 % du total ; les émoluments du notaire, sa rémunération réglementée calculée selon un barème dégressif ; et les débours, c’est-à-dire les frais avancés par le notaire pour obtenir les documents nécessaires à la vente (extraits cadastraux, états hypothécaires, documents d’urbanisme).

Comment faire une simulation de frais de notaire ?

Pour estimer vos frais de notaire, appliquez environ 7,5 % du prix pour un bien ancien et 2,5 % pour du neuf. Pour un calcul plus précis, identifiez le taux départemental applicable (3,80 % ou 4,50 %), ajoutez la taxe communale (1,20 %) et le prélèvement de l’État (2,37 % du droit départemental), puis calculez les émoluments selon le barème dégressif. Vous pouvez également utiliser le simulateur officiel des notaires de France pour obtenir une estimation personnalisée.


Alexandre Duval
Alexandre Duval

Alexandre Duval est ancien conseiller bancaire spécialisé en financement immobilier. Après 15 ans côté banque, il accompagne les investisseurs en toute indépendance et partage ses analyses du marché sur AD Immo.