Notes DPE : comprendre le classement de A a G en detail

Le diagnostic de performance énergétique attribue à chaque logement une lettre de A (le plus économe) à G (le plus énergivore), en croisant deux données : la consommation d’énergie primaire en kWh/m²/an et les émissions de gaz à effet de serre en kg CO₂/m²/an. C’est la plus mauvaise des deux valeurs qui détermine la classe finale, selon le ministère de la Transition écologique. Ce double critère, en vigueur depuis la réforme du 1er juillet 2021, rend le classement plus sévère qu’auparavant pour les logements chauffés au fioul ou au gaz.

Sommaire

  1. Sept classes de A à G : consommation et émissions à chaque palier
  2. Le double seuil énergie et carbone : pourquoi la pire note l’emporte
  3. Méthode 3CL : comment le diagnostiqueur calcule la note
  4. DPE et location en 2026 : les classes qui bloquent un bail
  5. Quelle note viser lors d’un achat ou d’une rénovation ?

Sept classes de A à G : consommation et émissions à chaque palier

Quelles sont les notes du DPE ? Sept lettres, chacune associée à une fourchette de consommation et à un plafond d’émissions de CO₂.

Classe Consommation (kWh/m²/an) Émissions (kg CO₂/m²/an) Qualification
A ≤ 70 ≤ 6 Extrêmement performant
B 71 à 110 7 à 11 Très performant
C 111 à 180 12 à 30 Assez performant
D 181 à 250 31 à 50 Assez peu performant
E 251 à 330 51 à 70 Peu performant
F 331 à 420 71 à 100 Très peu performant
G > 420 > 100 Passoire thermique

Ces seuils sont définis par l’article R. 172-2 du Code de la construction et de l’habitation. Les logements classés F et G sont qualifiés de passoires thermiques (ou passoires énergétiques, selon la terminologie retenue par la loi Climat et Résilience du 22 août 2021). En septembre 2026, ces seuils restent inchangés depuis leur entrée en vigueur.

Le double seuil énergie et carbone : pourquoi la pire note l’emporte

Avant 2021, le DPE comportait deux étiquettes séparées : une pour l’énergie, une pour le climat. La réforme les a fusionnées en une seule lettre. Le principe est simple : si un logement consomme 160 kWh/m²/an (classe C en énergie) mais émet 55 kg CO₂/m²/an (classe E en carbone), il est classé E. La valeur la plus défavorable fixe la note finale.

Ce mécanisme pénalise surtout les logements alimentés par des énergies fossiles. Un pavillon chauffé au fioul, même correctement isolé, peut se retrouver en classe F à cause de ses émissions, alors que sa consommation seule le placerait en D. À l’inverse, un appartement équipé d’une pompe à chaleur ou raccordé à un réseau de chaleur urbain bénéficie d’un facteur d’émission bas qui tire la note vers le haut (au sens alphabétique du moins).

Méthode 3CL : comment le diagnostiqueur calcule la note

Comment est calculée la note du DPE ? Depuis juillet 2021, tous les diagnostics reposent sur la méthode conventionnelle dite 3CL-2021 (Calcul de la Consommation Conventionnelle des Logements), qui a remplacé à la fois l’ancienne 3CL et la méthode sur factures. Le diagnostiqueur certifié relève les caractéristiques physiques du bâtiment : surface des parois, nature et épaisseur de l’isolant, type de vitrage, système de chauffage, de production d’eau chaude sanitaire et de ventilation. Il saisit ces données dans un logiciel validé par le ministère, qui applique des scénarios d’occupation standardisés (température de consigne à 19 °C le jour, 16 °C la nuit, occupation type de deux adultes).

Le calcul intègre aussi la zone climatique du logement (la France métropolitaine est découpée en huit zones) et l’altitude. Les consommations liées à l’éclairage et aux auxiliaires de chauffage entrent désormais dans le périmètre, ce qui n’était pas le cas avant 2021. Le résultat s’exprime en énergie primaire, pas en énergie finale : un coefficient de conversion de 2,3 s’applique à l’électricité (contre 1 pour le gaz), ce qui explique que certains logements tout électrique consomment moins en euros mais affichent une note DPE plus basse qu’attendu.

Le diagnostiqueur ne choisit pas la note. Il renseigne le logiciel, le logiciel produit la lettre. Toute la fiabilité du diagnostic repose donc sur la qualité du relevé terrain. Pour vérifier la cohérence d’un DPE existant, l’ADEME met à disposition un observatoire en ligne qui permet de retrouver un DPE par son numéro et de simuler l’effet de la réforme sur un ancien diagnostic.

DPE et location en 2026 : les classes qui bloquent un bail

Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G ne peut plus faire l’objet d’un nouveau contrat de location en France métropolitaine, car il ne satisfait plus au critère de décence énergétique fixé par la loi Climat et Résilience. Les baux en cours restent valides, mais le locataire peut exiger des travaux de mise en conformité. Le calendrier prévu initialement programmait l’interdiction des logements classés F au 1er janvier 2028, puis des E au 1er janvier 2034. La réglementation applicable aux DPE F et G fait l’objet de discussions parlementaires sur un éventuel report pour les copropriétés.

Pour un propriétaire bailleur, la note DPE n’est donc plus seulement un indicateur : c’est une condition d’accès au marché locatif. Un appartement classé F acheté aujourd’hui devra être rénové avant 2028 pour continuer à être loué légalement, sauf modification législative d’ici là. Le coût du diagnostic lui-même reste modeste par rapport à l’enjeu, mais les travaux de rénovation nécessaires pour gagner une ou deux classes peuvent représenter plusieurs milliers d’euros.

Quelle note viser lors d’un achat ou d’une rénovation ?

Quelle note pour un bon DPE ? La classe B constitue le seuil retenu par la plupart des dispositifs d’aide à la rénovation comme objectif de performance. MaPrimeRénov’ Parcours accompagné, par exemple, conditionne certains niveaux de financement à l’atteinte de la classe B après travaux. La classe A, réservée aux bâtiments neufs très performants ou aux rénovations globales lourdes, reste rare dans le parc existant.

En pratique, la classe C représente un bon compromis pour un achat dans l’ancien. Un logement en C consomme entre 111 et 180 kWh/m²/an, ce qui correspond à une facture énergétique maîtrisée sans nécessiter de travaux immédiats. La classe D, la plus répandue dans le parc français selon les données de l’observatoire DPE du ministère, se situe dans une zone intermédiaire : pas de contrainte réglementaire à court terme, mais un confort thermique perfectible et des charges qui pèsent quand le prix de l’énergie augmente.

Avant de s’engager dans des travaux, il est utile de faire réaliser un audit énergétique qui détaille la part du DPE et celle des émissions de GES, pour cibler les postes les plus rentables (isolation des combles, remplacement d’une chaudière fioul, pose de double vitrage). Un passage de F à D coûte moins cher qu’un passage de D à B, mais c’est le second qui sécurise le plus la valeur du bien à la revente.

À retenir

  • Le DPE attribue une lettre de A à G selon le pire des deux critères : consommation en kWh/m²/an ou émissions en kg CO₂/m²/an.
  • Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G sont interdits à la location pour tout nouveau bail.
  • La méthode 3CL-2021, appliquée par un diagnostiqueur certifié, repose sur les caractéristiques physiques du bâtiment et non sur les factures.
  • Viser la classe B ou C lors d’un achat ou d’une rénovation protège contre les futures restrictions réglementaires.

Questions fréquentes

Quels sont les seuils de DPE ?

Les seuils vont de 70 kWh/m²/an et 6 kg CO₂/m²/an pour la classe A jusqu’à plus de 420 kWh/m²/an et 100 kg CO₂/m²/an pour la classe G. C’est le critère le plus défavorable entre consommation et émissions qui détermine la lettre attribuée au logement, selon l’article R. 172-2 du Code de la construction.

Comment est calculée la note du DPE ?

Un diagnostiqueur certifié relève les caractéristiques du bâtiment (isolation, vitrage, chauffage, ventilation) et les saisit dans un logiciel utilisant la méthode conventionnelle 3CL-2021. Le calcul produit une consommation théorique en énergie primaire et un volume d’émissions de CO₂, qui déterminent ensemble la classe finale. La simulation ADEME permet de vérifier le résultat obtenu.

Quelle note pour un bon DPE ?

La classe B est la cible retenue par les aides publiques à la rénovation. En achat dans l’ancien, la classe C (111 à 180 kWh/m²/an) offre un bon équilibre entre confort, charges maîtrisées et absence de contrainte réglementaire à court terme.

Quelles sont les notes du DPE ?

Le DPE comporte sept classes : A, B, C, D, E, F et G. Les classes A et B correspondent aux logements les plus performants, C et D aux logements intermédiaires, E aux logements peu performants. Les classes F et G désignent les passoires thermiques, soumises à des restrictions croissantes pour la mise en location. Le détail des seuils figure dans le tableau ci-dessus, avec les valeurs en vigueur au 13/09/2026.

Pour aller plus loin : vérifier la durée de validité d’un DPE avant une vente, ou consulter les tarifs de diagnostiqueurs à Lyon et à Toulouse pour comparer les prix pratiqués dans ces agglomérations.

Alexandre Duval
Alexandre Duval

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